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L’EXPORTATION DE L’EXPERTISE FRANÇAISE
EN MATIÈRE D’INGÉNIÉRIE URBAINE
L’EXEMPLE DE L’ARCHITECTURE

COMPTE RENDU

(revu le 03.03.12)

Marcel BELLIOT et Xavier CRÉPIN, président trésorier de AdP, présentent le dîner-débat organisé par l’association et destiné à débattre de l’exportation de l’ingénierie urbaine française dans les pays en développement et émergents. Comment exporter le savoir-faire français dans ces pays ? Comment expliquer la réussite des architectes français à l’international ? Est-elle reproductible à d’autres champs de l’ingénierie ? Enfin, quels concours peuvent lui apporter les institutions publiques chargées d’assurer la promotion des entreprises et de l’expertise françaises à l’international ?

Pour animer ce débat, l’ADP a fait appel à Thierry MELOT, vice président de l’association AFEX (Architectes français à l’export), association créée en 1996 et qui rassemble une centaine d’architectes engagés dans des projets internationaux, et à Sophie DIEBOLD, chef de projets Architecture – Design à UBIFRANCE, l’agence française pour le développement international des entreprises.

Sophie DIEBOLD ouvre le débat en présentant la démarche d’UBIFRANCE dans les pays émergents et en développement. Elle explique comment les experts français peuvent grâce à UBIFRANCE déployer leur savoir-faire dans ces pays. La vocation de cet organisme public est d’aider les entreprises françaises (petites et grandes) à étendre leur expertise à l’international. Pour y parvenir, l’agence s’appuie sur ses bureaux locaux et les missions économiques et elle emmène des délégations françaises rencontrer les différents acteurs de la ville de ces pays. Dans le domaine de l’ingénierie urbaine, ces groupes sont constitués en majorité d’architectes, mais aussi d’ingénieristes, d’aménageurs, voire même d’acousticiens. Le but est de renforcer la cohésion des professionnels français lorsqu’ils cherchent à exporter leurs savoir faire et de favoriser une approche collective de ces marchés.

Comment les entreprises françaises s’organisent-elles pour développer leurs missions d’expertise française à l’international ? Thierry MELOT milite pour l’organisation à l’étranger de « conférences thématiques » où les entreprises et les bureaux français ont la possibilité, sur un thème donné, de communiquer leur savoir-faire et de montrer ce qu’elles savent faire aux partenaires locaux concernés.

Il ressort de son expérience d’architecte exerçant à l’international que le succès des activités de « pensée urbaine » repose sur la capacité de construire une “vision de la ville“ et de la dessiner. A l’heure où la croissance urbaine dans les pays du Sud est de plus en plus rapide, de plus en plus de villes sont à bâtir. Le véritable enjeu pour les architectes aujourd’hui est de construire les villes en tenant compte des usages urbains des différentes catégories de la population et en les protégeant des risques environnementaux, sociaux, naturels. Thierry MELOT insiste sur la nécessité de “conceptualiser“ la ville. Avant toute chose, il faut avoir un projet. « La ville se pense, la ville se rêve », tel est le principe sur lequel il s’appuie pour mener à bien ses projets. Il ajoute qu’à l’heure où l’urbanisation s’accélère dans les pays en développement, il est bien entendu primordial aussi de ne pas se limiter au “concept“ mais de traiter aussi des “process“. Il indique qu’à son avis, les réponses aux besoins urbains des villes du Sud ne sont pas seulement à trouver chez les “politiques“ ou chez les “intellectuels“, mais qu’elles relèvent aussi beaucoup des entreprises : la ville est un marché. Il faut inventer la ville pour tous au service de chacun.

Il ajoute que le succès des architectes français dans le monde tient à leurs talents, à l’image culturelle et aux qualités urbaines dont ils font preuve. Il évoque l’exemple chinois pour illustrer cette réussite. L’économie et la recherche chinoises sont plus puissantes qu’en France. Or pour ce qui est de construire les villes, les experts chinois font appel au talent français, à la « french touch ». La Chine a des envies, des besoins, mais elle ne possède pas toujours les personnes qualifiées en matière d’architecture.

La question de l’information et de la formation des jeunes étrangers est ensuite abordée. S’ils sont formés en France, les jeunes professionnels étrangers ont tendance à promouvoir le savoir faire français dans leur propre pays. Thierry MELOT et Sophie DIEBOLD expliquent comment il conviendrait de faire passer les idées françaises à l’étranger. La réponse se trouve notamment dans la formation en France de jeunes étrangers pour pouvoir l’exporter ensuite et rentrer sur les marchés. Cela a été fait pour les architectes chinois et cela a bien marché.

Autre sujet abordé, le “Volontariat International en Entreprise“ (VIE). Le VIE offre une autre solution pour transmettre le savoir-faire français. Dans le domaine de la production urbaine dans les pays en développement et émergents, les profils recherchés sont divers et variés. La ville a besoin de professionnels de différents horizons. Actuellement es VIE dans le monde du développement urbain favorisent les étudiants ayant un Master en Sciences Politiques ou provenant d’école d’ingénieurs, ce qui limite l’accès à l’international des professionnels d’autres origines.

En bref formation et bonne communication sont les éléments clés pour exporter le savoir faire français en matière de production de la ville dans les pays en développement et émergents.

Louise MOUTON
Clément METHARAM
Master ISUR de l’IEP de Rennes