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Co-organisé par N-Aerus, la Faculté d’architecture La Cambre-Horta de l’Université Libre de Bruxelles et l’Université Saint-Louis de Bruxelles (Belgique)

XV N-AERUS CONFERENCE: CHANGEMENT EFFECTIF ?

Exploration et évaluation des moyens de coproduction de savoir pour des transformations tangibles dans les villes du Sud

Depuis l’émergence en 1944 du néologisme recherche-action, les expériences menées dans les pays du Sud se sont avérées cruciales pour le développement épistémologique des pratiques de recherche-action participative, comme l’illustrent le projet pilote d’Orangi (OPP) à Karachi ou les initiatives brésiliennes de Paulo Freire, pour n’en citer que deux. Ces cas d’école, comme beaucoup d’autres d’importance comparable, ont mis en évidence les superpositions potentielles entre, d’une part, la compréhension de et l’intervention dans un contexte d’intervention spécifique, et de l’autre, ces deux premières pratiques et l’expérience des chercheurs impliqués en première ligne dans de telles initiatives. À qui a-t-on donné la parole, et sur base de quel savoirs a-t-on construit la compréhension du processus de fabrication de la ville ? Voilà les questionnements qui animent tout acteur engagé dans la démocratisation des savoirs et la mise en œuvre d’avancées sociales substantielles.

Ainsi, le décideur – qu’il appartienne au monde universitaire ou politique – est de plus en plus amené à mesurer les modalités de (co)production et de dissémination des savoirs dans le contexte du développement, au point que répondre à la question « qui est le sujet de cette expérience et qui en développera de nouvelles aptitudes ? » est désormais un défi à part entière. Si l’objectif de la démocratisation des savoirs défie tout interprétation aisée du rôle des chercheurs impliqués, un « changement effectif » est plus que jamais urgent face aux effets négatifs d’un agenda néolibéral galopant et aux pouvoirs déstabilisants au niveau planétaire.

Cela dit, les populations des pays du Sud luttent aujourd’hui contre la fragmentation générée par une condition post-politique et post-nationale diffuse (Swyngendouw, 2004), alors qu’en parallèle, les récentes révoltes populaires ont été accusées de représenter un danger dans la mesure où, malgré leur vitalité, elles n’ont ne pas généré de changement substantiel à cause de leur incapacité à exprimer de nouvelles formes d’organisation (Holston). De son côté, le monde académique, trop occupé à démêler les épistémologies disciplinaires de leurs racines coloniales, peine à réagir et se trouve dès lors destitué du monopole établi sur la production des savoirs.

Comprendre le monde de manière collaborative et, à la fois, le changer de manière réflexive, apparait aujourd’hui plus complexe que jamais. Il est donc urgent de se pencher sur les voies par lesquelles populations, universités, bailleurs de fonds et autres acteurs clé du développement peuvent retrouver leur rôle de co-producteurs de savoirs capables de déclencher le changement dans le Sud urbain globalisé. La 15ème conférence N-Aerus se propose comme plateforme pour affronter ce genre d’interrogations, à travers trois tables rondes thématiques (introduites par la présentation de contributions individuelles) afin de refaçonner les agendas académique, institutionnel et sociétal en matière de définition de cadres innovants pour la co-production de savoirs.

TABLE RONDE 1 – Mouvements sociaux, justice sociale

À partir du thème général de la conférence N-Aerus, ce premier sous-thème propose de repenser comment les mouvements urbains façonnent et sont façonnés par la ville néolibérale dans un contexte de crise financière et de fractures dans l’hégémonie des discours, pratiques et rapports capitalistes. Ces failles ont toutes deux délégitimé les formes d’organisation dominantes et ouvert un espace pour la prolifération d’alternatives potentielles. Dans ce cadre, nous visons tout particulièrement – mais pas exclusivement – les propositions de contribution abordant l’un des sujets suivants :

  • Quels sont les mouvements urbains qui ont émergé récemment, comment sont-ils nés, se sont-ils diffusés et développés ? Quels objectifs poursuivent-ils, qui sont les acteurs impliqués, quelles sont les actions entreprises, à quelle échelle opèrent-ils, etc. ?
  • Comment les mouvements urbains (s)ont-ils façonné(s) (par) la ville néolibérale ? Dans quelle mesure ont-ils reproduit les inégalités existantes, ou au contraire, ont-ils contribué à plus de justice sociale, environnementale et économique, et à quels enjeux se mesurent-ils ?
  • Comment les savoirs sont-ils produits ou co-produits via ces mouvements sociaux ? De quel genre de savoirs s’agit-il, et comment sont-il diffusés ?

TABLE RONDE 2 - Approches participatives, orientées processus et basées sur la demande : le rôle de la coopération au développement.

Les principes actuels de la coopération au développement, qu’elle émane d’organisations internationales ou de bailleurs de fonds bilatéraux, sont imprégnés du vocabulaire intrinsèque à la recherche-action. Au moment de l’élaboration des méthodes de la recherche-action au milieu du 20ème siècle, les bénéfices mutuels en terme d’expérience entre recherche-action et coopération au développement étaient maigres : bien que le partage de situations de départ et d’objectifs de changement comportementaux laissaient apparaître de grandes similitudes, les approches différaient de manière substantielle. Au cours des trois dernières décennies, les concepts et convictions sous-jacents qui animent la coopération au développement ont parcouru un long chemin depuis leurs premiers schèmes paternalistes, dirigistes et autoritaires.

Cette deuxième table ronde vise à l’exploration des formes et des caractéristiques de la recherche-action au sein de la coopération au développement ainsi que de son rôle de facilitateur de (co)production de savoirs dans des intitiatives de pays partenaires :

  • Désormais, les bailleurs de fonds bi- et multilatéraux ont acquis une expérience appréciable dans la recherche-action en développement urbain, une expérience qui pourrait bénéficier à son tour au monde académique : quels instruments et approches valables pourraient être observées, par exemple au regard de la planification participative ou « processuelle », du soutien à l’accès à la propriété ou à des compétences en prise de décision, en mise en œuvre de dynamiques participatives et en évaluation de mesures de communication ? Comment ces processus participatifs ont-ils fonctionné, ou, en d’autres mots, comment ont-ils été traduits dans la pratique ?
  • Pourtant, ce glissement de principe des approches en ce qui concerne la coopération au développement ne fut pas exempte de conflits, et a maintes fois montré ses limites : quelles sont les leçons tirées et quels enjeux persistent encore (par exemple en termes de logique de projet à court terme, de reproductibilité limitée ou de l’engouragement d’une mentalité de bénéficiaire partiellement figée ? Quelles stratégies ont été avancées ces dix dernières années pour répondre à ces enjeux ?
  • La communauté internationale pour la coopération au développement est en ce moment engagée dans un processus de révision de ses objectifs de développement du millénaire, où se débattent les Objectifs de Développement Durable et ses mécanismes de financement : en quoi ces ajustements du cadre international reflètent l’importance de la co-production du savoir ? Comment les approches de l’action recherche ont-elles été corrigées ? Quelles considérations additionnelles pourraient encore être faites ?

TABLE RONDE 3 - Lobbying et rôle du monde académique

Le rôle du monde académique dans la réflexion sur les politiques urbaines dans les pays en développement a toujours occupé une place centrale dans N-Aerus, du fait de l’importante présence académique dans ses structures. Il semblait donc important pour nous de s’appuyer sur la rencontre à Bruxelles pour s’arrêter et réfléchir sur les changements que le monde académique a connu cette dernière décennie, et sur comment ces changements affectent le lobbying en développement urbain. La plupart de ces changements sont liés au processus de globalisation (c’est-à-dire la fragmentation et la concurrence croissante entre acteurs sociaux) et participatif (p. ex. forum social), en affectant profondément des aspects épistémologiques et disciplinaires de la recherche (concept de symétrie – Latour). Les politiques urbaines dans le Nord et le Sud partagent bien plus qu’il n’y paraisse, et l’échange des pratiques de recherche et de recherche-action augmente, bien que les enjeux du développement ne peuvent pas encore être dépeints comme faisant partie du « courant dominant ». Les changements récents ont eu un profond impact en termes géopolitiques sur la position de l’Europe comme « État », diminuant son importance historique, ainsi que les politiques européennes de la recherche, de la coopération et de l’éducation. Les thèmes visés dans cette table ronde sont :

  • Comment la recherche a-t-elle évoluée au cours de la dernière décennie ?
  • Comment les transformations des institutions européennes affectent-elles le monde universitaire et la recherche dans les champs relatifs aux problématiques urbaines du Sud : quels équilibres entre les grands et petits programmes et financements pour la recherche ? Quels équilibres entre l’Union Européenne et les états membres financiers ?
  • Comment percevoir/imaginer le rôle de N-Aerus comme réseau dans ce paysage en mutation ? (par exemple en termes de lobby, d’échanges de pratiques, de recherche)

Modalités de déroulement de la conférence :

Présentations individuelles (5 à 10 minutes chacune) consécutives pour chacune des tables rondes, suivie par une discussion libre lancée par les orateurs sur base d’un certain nombre de sujets abordés par les participants. Le président de la table ronde, à titre d’expert, étendra ensuite la discussion soit à une question plus large, impliquant la session dans son ensemble, soit à des questions plus spécifiques épinglant les orientations thématiques de la table ronde.

Proposition de communication :

Un résumé de 150 à 250 mots devra être soumis aux formats .rtf ou .doc avant le 20 avril 2014, 12h00 PM CET à l’adresse qui sera communiquée dans les prochains jours sur ce site.

Les résumés peuvent être proposés en Anglais, Français ou Espagnol. Ils devront indiquer les informations suivantes :

  • La table ronde choisie.
  • Le titre.
  • Faire bien apparaître le sujet traité, le contexte et les principaux arguments.

Dates importantes :

Soumission des propositions de communication (sommaires) : 20 avril

Évaluation et sélection des propositions endéans le : 30 mai

Soumission des communications (texte complet) : 1er Octobre

Conférence : du 27 au 29 Novembre 2014.

Financement :

Un soutien financier limité sera disponible pour permettre la participation de quelques chercheurs ou praticiens d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine dont les propositions seront retenues en vue d'une présentation dans le cadre de la conférence. Les candidats sont invités à préciser, lors de la remise de leurs résumés, s'ils souhaitent bénéficier d'une aide financière.

Coûts :

Il n’y aura pas de frais d’inscription à la conférence. Cependant, tous les participants devront s’acquitter d’une participation de 20 € pour couvrir les coûts de la documentation, des déjeuners et des pauses café. 15º Congreso N-AERUS, Bruselas del 27 al 29 de Noviembre de 2014 Organizado conjuntamente por N-AERUS, la Facultad de Arquitectura de la Universidad Libre de Bruselas y la Universidad Saint-Louis de Bruselas (Bélgica)